Livre en cours d'écriture
1807
Chronique d'une année sous l'Empire
Les événements et la vie quotidienne à travers le Journal de Paris et le Moniteur Universel
Que pouvait-on lire dans les journaux en 1807 ? À travers une sélection d’articles tirés du Journal de Paris et de la Gazette nationale ou le Moniteur universel, ce livre invite à revivre une année entière au rythme de l’actualité.
Tandis que Napoléon poursuit ses campagnes à travers l’Europe, les journaux racontent aussi la vie quotidienne : les travaux de Paris, les spectacles, les découvertes scientifiques, les faits divers, les inventions, les annonces commerciales et les nouvelles les plus étonnantes venues du monde entier.
Mois après mois se dessine ainsi le portrait vivant, parfois grave, souvent surprenant, d’une époque où la grande Histoire côtoie sans cesse les préoccupations les plus ordinaires.

(Extraits du livre)
Au 1er Janvier 1807
Au premier jour de l’année 1807, Napoléon se trouve loin de Paris. Depuis plusieurs mois, la Grande Armée poursuit la guerre contre la Prusse et la Russie. Les victoires d’Iéna et d’Auerstedt, remportées le 14 octobre 1806, ont provoqué l’effondrement de la puissance prussienne et conduit les Français jusqu’à Berlin, puis en Pologne. Le 26 décembre, de nouveaux combats ont eu lieu à Pultusk et à Golymin ; mais, au matin du 1er janvier, leurs nouvelles ne sont pas encore parvenues aux Parisiens.
L’Empire paraît alors au sommet de sa puissance. Napoléon et Joséphine ont été couronnés depuis un peu plus de deux ans, et David, qui a assisté à la cérémonie, travaille encore à l’immense tableau destiné à en conserver le souvenir. La famille impériale s’est installée sur plusieurs trônes européens : Joseph règne à Naples, Louis en Hollande, Élisa gouverne les principautés de Lucques et de Piombino, tandis que Joachim Murat règne sur le grand-duché de Berg et de Clèves aux côtés de Caroline. Jérôme ne possède pas encore de royaume et Lucien, brouillé avec son frère, reste à l’écart de cette distribution des couronnes.
Derrière l’éclat des victoires, la guerre exige toujours davantage d’hommes et d’argent. Les conscrits doivent rejoindre leurs régiments ; certains tentent de se soustraire au départ, tandis que d’autres deviennent la proie de ceux qui prétendent les cacher, les faire remplacer ou les soustraire à leurs obligations. Le décret de Berlin, signé le 21 novembre 1806, a établi le blocus continental et interdit aux pays soumis à l’influence française de commercer avec l’Angleterre. Cette lutte économique commence à peser sur les échanges et promet d’étendre la guerre bien au-delà des champs de bataille.
À Paris, cependant, la vie continue. La capitale a déjà commencé à changer de visage : depuis 1804, le pont des Arts relie le Louvre au palais de l’Institut, tandis que la rue de Rivoli, ouverte et pavée le long des Tuileries, forme une nouvelle voie régulière au cœur de la ville. Ces premières réalisations annoncent des transformations plus importantes encore. Les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile sont en chantier, de nouveaux ponts doivent franchir la Seine et plusieurs rues prolonger les voies récemment ouvertes. Un concours vient également d’être lancé afin d’élever, sur les fondations inachevées de la Madeleine, un temple consacré à la gloire de la Grande Armée. Dans les théâtres, Talma demeure l’une des grandes figures de la scène française. Le Salon de 1806 a récemment attiré le public devant les œuvres des peintres et des sculpteurs, tandis que les découvertes scientifiques, les expériences d’aérostation et les nouvelles inventions continuent d’éveiller la curiosité.
Cette prospérité apparente ne doit pourtant pas dissimuler une société souvent rude. La misère reste visible dans les rues ; les accidents, les vols, les escroqueries et les violences appartiennent à la vie ordinaire. Aux portes des villes et dans les campagnes, la présence des loups demeure une menace réelle. Le prestige de l’Empire, les fêtes et les grands travaux offrent ainsi un contraste saisissant avec les difficultés et les dangers de la vie quotidienne.
Imaginons maintenant un lecteur parisien au matin du 1er janvier 1807. Installé à la table d’un café, il se fait servir par le limonadier une tasse préparée avec des grains venus de la Martinique, de Saint-Domingue ou de l’île Bourbon. Peut-être a-t-il plutôt pris place dans un cabinet de lecture, où il déplie le premier journal de l’année. Autour de lui, les conversations se mêlent au froissement des feuilles. Dehors, le roulement d’un fiacre sur le pavé, le passage d’un porteur d’eau et les cris des marchands ambulants annoncent que la ville est déjà éveillée. Il connaît les événements des mois précédents, mais ignore encore ce que l’année nouvelle réserve à l’Europe : les victoires, les rencontres entre souverains et les bouleversements à venir.
C’est à sa place que nous vous invitons maintenant à vous asseoir. Le journal est ouvert. L’année 1807 peut commencer.

- Mardi 10 février
Journal de Paris, Nouvelles étrangères.
Francfort, 2 février. Un nombreux convoi d'objets d'art recueillis par M. Denon, directeur-général du musée Napoléon dans les palais de l'électeur de Hesse-Cassel, est arrivé en cette ville et dirigé vers Paris. La France, qui doit déjà tant de monuments précieux à son immortel Empereur, va lui devoir encore la jouissance de nouveaux chefs-d’œuvre. (…) Ce convoi ne fait pas partie d'un autre beaucoup plus considérable et non moins précieux expédié de Berlin et Brunswick il y a six semaines et qui ne peut, ainsi que celui-ci, tarder à arriver à Paris.
Journal de Paris, Théâtre Français.
Le Souper imprévu, pièce en un acte et en prose, qu'on donnait hier à ce théâtre. On ne pouvait guère choisir une farce plus analogue à la circonstance du lundi-gras. Le héros de la pièce est un gourmand qui partage toute la sollicitude entre un plat de macaroni et une dinde aux truffes. Rien n'est plus plaisant que cette folie, dont on ne doit pas sérieusement examiner le plan et la conduite ; elle fait rire d'un bout à l'autre : c'est tout ce qu'il faut au public dans ce bon temps de Carnaval.
- Mercredi 11 février
Journal de Paris, Nouvelles de Paris.
Un décret rendu par S. M. au camp impérial de Varsovie, le 13 janvier 1807, contient les dispositions suivantes : 1° le pont construit sur la Seine, en face du Champ de Mars, s’appellera pont d'Iéna ; 2° le quai sur lequel il doit s'appuyer du côté de Chaillot, et qui doit être élargi et refait dans une nouvelle direction, s'appellera, dans la partie qui sera comprise entre la barrière et les pompes à feu, quai de Billy, du nom du général tué dans cette bataille ; (…)
— Le dimanche et le lundi-gras, jours de folies extraordinaires, se sont écoulés incognito cette année. On y a fait peu d'attention, si ce n'est pour se demander par réflexion, si nous étions déjà tombés en carême. Il est vrai que le temps était déplorable ; il pleuvait, il ventait ; il n'y avait ni curieux, ni masques dans les rues et déjà de graves personnages se félicitaient de notre amendement et pensaient que nous étions tous devenus presque aussi sages qu'eux-mêmes. Mais le mardi gras les a détrompés de cette erreur et nous a dédommagés, nous autres, de la double privation des masques et des curieux. (…) Partout les mascarades étaient nombreuses, variées et ingénieuses ; la plupart des masques avaient une physionomie de caractère ; les enfants étaient bruyants et enchantés, et l'ordre a régné partout.
Journal de Paris.
MODES. Après le blanc et le rose, la couleur noisette-clair est la couleur favorite des belles, pour leurs robes, leurs chapeaux, leurs gants et leurs chaussures. Cette couleur n'annonce pas tout à fait le beau temps, mais indique que nous sommes au moment d'échapper au froid ; c'est la nuance entre l'hiver et le printemps. (…)
Une femme modeste porte à ses boucles d'oreilles mille petits diamants montés en forme de coque mouvante et suspendus à un anneau. Une élégante ne porte qu'un simple brillant ; mais il vaut à lui seul plus que les mille diamants de la femme modeste.
On est revenu à la danse plus naturelle et l'on revient aussi aux airs d'autrefois et aux figures anciennes ; l'allemande, par exemple, bannie depuis longtemps des bals de bon ton, reparaît avec un nouvel éclat. (…)
Journal de Paris, Annonces et avis divers.
Ménagerie. Le sieur Ferrand prévient qu'il continue de faire voir sa grande Ménagerie et sa COLLECTION D'OISEAUX étrangers, dont on n'a pas encore vu la pareille. C'est dans une grande loge, rue de Bondi, boulevard Saint-Martin.
Le sieur Ferrand vend aussi de la graisse d'ours dont la vertu est de guérir les douleurs rhumatismales, brûlures, blessures, coupures, engelures et la goutte, ayant tué un ours dernièrement à Bruxelles après avoir été engraissé pendant six mois, lequel pesait plus de 500 livres. Il avait de la graisse de 3 à 4 pouces d'épaisseur.
Actuellement, il en engraisse un autre qui sera tué dans six semaines.

- mercredi 3 juin
Journal de Paris, Nouvelles des départements.
Mont-de-Marsan, 25 mai. On lit dans le journal qui s'imprime ici, une lettre fort touchante du jeune Ducourneau, qu'une mort prématurée a enlevé à sa famille qui le chérissait tendrement et à l’État qu'il avait commencé à servir avec gloire. Elle est datée d'Huningue, le 12 avril 1807. La voici :
« Mon tendre père, rassemble toutes les forces de ton âme et dis comme Xénophon, que nous avons lu ensemble : Je savais que mon fils était mortel.
Je ne dois plus te déguiser mon état. J'ai pris le germe de ma maladie dans les neiges du Tyrol, le mal a été négligé et je sens que j'en mourrai. Les médecins qui m'entourent ne m'ont pas caché ma situation. Je meurs bien jeune ; mon bon père, j'espérais soigner ta vieillesse.
Console ma mère, dis-lui que je n'ai jamais perdu de vue les principes qu'elle m'avait inspirés dans mon enfance. Dis à ma sœur Victoire que je l'ai toujours chérie.
Rappelle à mes frères que l'Empereur avait répandu ses grâces sur moi, pendant que j'étais sous les drapeaux de la grande armée ; s'ils entrent dans la carrière militaire, je les prie d'acquitter ma dette envers mon prince, en le servant avec zèle ; j'aurais préféré mourir sous ses yeux et sur le champ de bataille.
Pour dernière grâce, mon tendre père, fais parvenir ma montre et les boucles d'or que tu m'avais données à mon frère Martial qui doit être actuellement aux vélites et mon épée d'argent au capitaine Ducastains, mon ami, avec lequel j'ai combattu. Ce brave officier sera sensible à mon souvenir.
Adieu, le meilleur des pères ; quand tu recevras cette lettre, tu pourras me pleurer ; car j'ai prié qu'on ne la fît partir que lorsque je ne serais plus. Adieu, adieu ! »
(…) L'Empereur, qui a l’œil à tout, a daigné porter des consolations dans sa famille, en ordonnant que son frère puîné, Martial Ducourneau, serait admis à l'école de Fontainebleau, comme élève du gouvernement.
Journal de Paris, Nouvelles de Paris.
Aux rédacteurs du Journal. En passant hier, dans la rue de Varennes, je fus arrêté par quelqu'un qui réclama avec instance mes secours pour une jeune personne en proie dans ce moment à de violentes convulsions. (…) Il m'apprit en entrant dans son hôtel, que 18 individus de l'un et de l'autre sexe, formant l'ensemble de son domestique, ayant dîné ensemble, avaient tous été attaqués pendant la nuit de douleurs plus ou moins vives dans l'estomac et les entrailles, la plupart pris de vomissement et diarrhée. (…) En poursuivant les informations et les recherches, j'appris que le mets qui avait fourni ce principe irritant était une daube préparée et laissée jusqu'à refroidissement dans une casserole de cuivre mal étamée ; que tous les convives en avaient mangé ; que le cuisinier, auteur de la funeste imprudence, avait été le premier à en ressentir les effets... (…)
Par la suite d'une négligence, 18 personnes pouvaient être livrées à des tourments affreux et à une mort cruelle. Si le poison âcre qui résulte de l'oxydation du cuivre eût été en plus grande quantité, ces horribles résultats étaient inévitables. Les accidents de cette espèce sont malheureusement très-communs, sont cités partout, font frémir et ne corrigent personne. (…)

- dimanche 28 juin
Journal de Paris, Nouvelles étrangères.
Lucques, 9 juin. Le décret du 2 mai dernier établit une école de sculpture à Carrare, accorde de grands prix, établit une caisse de secours au profit des sculpteurs et contient toutes les dispositions nécessaires pour tirer le meilleur parti possible des riches et précieuses carrières de marbre de ce pays. L'effet de ce décret doit être de faire dire un jour des ouvrages qui sortiront de Carrare, que le travail en surpasse la matière.
Gazette nationale ou le Moniteur universel, Intérieur.
Mont-de-Marsan, le 20 juin. Un pasteur, en gardant son troupeau sur la lande de la commune de Pissos, a trouvé dans le sable huit médailles en or, représentant plusieurs empereurs romains. Ces médailles, bien frappées, se sont parfaitement conservées ; elles sont entre les mains de M. Dupouy fils, maire de la commune. Ces médailles portent les noms de Faustine, de Domitien, d'Adrien, d'Antonin-le-Pieux, de Vespasien.
Évreux, le 25 juin. La femme du sieur Louis Butté fils, ouvrier, demeurant en la commune de Saint-Martin-la-Corneille, arrondissement de Pont-Audemer, est accouchée dans la nuit du 20 au 21 de ce mois, de quatre enfants du sexe masculin ; la mère n'a éprouvé aucun accident, les quatre enfants sont bien portants. Plus de trois cents personnes se sont transportées au domicile de cette femme pour la féliciter et contempler son intéressante famille. Quelqu'un ayant demandé à prendre un ou deux des nouveaux-nés, la mère s'est écriée, avec l'accent de la plus vive sensibilité, que tous ses enfants lui étaient également chers et qu'elle aimerait mieux mourir que d'en céder un. M. le préfet, instruit de cet événement par des rapports officiels, a fait, au nom du Gouvernement, parvenir des secours à la mère.
Journal de Paris, Nouvelles des départements.
Lyon, 22 juin. Un énorme loup a été tué le 16 de ce mois, dans la commune d'Azolette ; mais cette bête féroce a vendu chèrement sa vie. Les paysans, instruits qu'elle avait dévoré un enfant dans une commune voisine, s'armèrent et se mirent à sa poursuite. Ils la traquèrent dans une remise très touffue, d'environ 200 toises carrées. Au bout de 5 minutes, Claude Jolivet et Benoît Coppier découvrirent l'ennemi commun, se battirent corps à corps avec lui et furent bientôt hors de combat. Philippe Botton arrive sur les entrefaites et voyant ses deux camarades étendus et noyés dans leur sang, il s'écrie : Je suis mort, mais je le tuerai. En effet, le loup vient sur lui, les yeux étincelants et la gueule béante. Botton l'attend, le saisit par le cou et le terrasse ; et aussitôt, de la main qui lui reste libre, il enfonce son couteau à plusieurs reprises dans le flanc de son ennemi. Lorsque les autres chasseurs arrivèrent, le loup était mort, mais Botton avait la main gauche dévorée. Voilà une victoire qui a coûté trop cher et a répandu le deuil dans la commune d'Azolette.
Journal de Paris, Nouvelles de Paris.
On assure que M. Garnerin, le plus hardi comme le plus habile de nos aéronautes, se propose de faire à Tivoli, dans le cours du mois prochain, une ascension nocturne et d'un effet extraordinaire. Quand nous aurons reçu des renseignements plus précis sur cette ascension, nous nous empresserons de les communiquer à nos lecteurs.
Journal de Paris, Annonces et avis divers.
JEU DE GUERRE. Ce nouveau jeu, de l'invention de M. Helwig, vient d'être établi au café de la régence, place du Tribunat, où il se joue régulièrement les mercredis et les jeudis, depuis 8h jusqu'à 10h du soir. On trouve à ce café, ainsi que chez l'éditeur, Ch. Fr. Cramer, rue de Buffaut, n° 9, faubourg Montmartre, le précis des règles de ce jeu, prix 3 fr. — Aux mêmes adresses, on peut se procurer de ces jeux ; ils vont, d'après le nombre des pièces, la grandeur de la table, etc., au prix comptant de 48 à 400 fr. — L'éditeur offrira ou indiquera aux acquéreurs les moyens nécessaires pour l'apprendre.
DEMANDES. Une dame, sachant écrire de plusieurs caractères différents, même d'une finesse extraordinaire, connaissant parfaitement sa langue, désirerait trouver un emploi dans un bureau quelconque, ou demoiselle de boutique chez un marchand ou des écritures chez elle, comme contributions, réclamations, mémoires, pétitions, etc. S'adresser chez M. Lambotin, naturaliste, rue Jacob, n° 16, faubourg S.-Germain. On ne recevra pas de lettres sans être affranchies.

- samedi 8 août
Gazette nationale ou le Moniteur universel, Intérieur.
Avis. D'après la décision de S. Exc. le grand maréchal du palais, les eaux du jardin impérial de Versailles joueront dimanche prochain, 9 de ce mois.
Journal de Paris, variétés.
M. Garnerin a terminé son voyage aérien nocturne à 45 lieues [200 km] de Paris, sur la commune de Courmelois, près Rheims, le 5, à 6 h ½ du matin. Une affiche qu'il a eu l'attention de faire placarder en a informé tout Paris. Cet aéronaute annonce le récit de son voyage pour lundi prochain et jours suivants, au spectacle de son cabinet de physique, dont nous avons eu souvent occasion de faire l'éloge. (…)
- dimanche 9 août
Journal de Paris, Nouvelles étrangères.
Italie. Rome, 18 juillet. Nous éprouvons depuis quelques jours des chaleurs extraordinaires, le thermomètre s'est élevé à 29 degrés de Réaumur [36,2° C]. L'effet de cette température a été, dit-on, de faire tomber plusieurs individus en démence. Ce qu'il y a de sûr, c'est que plus de 60 personnes ont été renfermées depuis quelques jours, à l'hôpital Longara. On parle aussi beaucoup d'attaques d'apoplexie. Le nombre des assassinats est diminué. On n'a compté que cinq personnes assassinées depuis un mois.
Bruxelles, 3 août. Un ennemi des paratonnerres avait publié contre ces longues pointes de fer, une longue diatribe dans laquelle il prétendait démontrer qu'elles étaient tout à la fois et la cause de nos longues sécheresses, et le principe immédiat de nos inondations. Un plaisant a jugé à propos de répondre à cette diatribe et d'en faire sentir le ridicule, en paraissant l'appuyer. Après avoir félicité l'auteur sur son heureuse découverte, il dit qu'elle donne la solution d'un problème, que, jusqu'à présent, aucun physicien n'avait encore pu résoudre. On sait que l’Égypte ne connaît ni pluies ni orages et est périodiquement arrosée par le Nil. Il ne faut pas chercher d'autres causes de ces deux phénomènes que dans les pyramides, les obélisques, la colonne de Pompée, les aiguilles de Cléopâtre et les nombreux minarets qui surmontent chacune des mosquées de ce pays... À la bonne heure.

- mardi 17 novembre
Journal de Paris. Nouvelles étrangères.
Russie. Pétersbourg, 14 octobre. On vient de recevoir d'Irkutsk, en Sibérie, une nouvelle qui intéressera vivement les naturalistes. M. Adams, qui avait accompagné notre ambassadeur en Chine et qui, comme on sait, n'y fut pas reçu, a vu et examiné, près de l'embouchure de la Léna, le cadavre d'un énorme animal qu'il croit être le mammouth de Sibérie. Ce cadavre était encore couvert de sa peau et de ses poils et mort depuis peu de temps. Ainsi, la race de ces animaux que l'on croyait éteinte depuis long-temps existerait encore. Les gens du pays croient que ces animaux vivent sous terre comme les taupes. Ce qu'il y a de sûr c'est que la Léna, dans ses alluvions, découvre de temps en temps des cadavres frais et sanglants d'animaux énormes qu'on n'aperçoit jamais sur terre. C'est l'opinion de M. Patrin, membre associé de l'Institut national de France et qui dit en avoir vu lui-même un de cette espèce, dans son voyage en Sibérie.
Journal de Paris. Nouvelles des départements.
Fontainebleau, 14 novembre. L'Empereur n'est point encore parti, comme on l'a publié dans quelques journaux. (…) On assure que S. M. partira le 20, mais on ne sait pas quelle route elle prendra ; suivant les uns elle se rendra à Bordeaux, suivant les autres en Italie ; dans le fait, personne ne sait le secret de l'Empereur. — Depuis le voyage de la cour à Fontainebleau, les habitants de cette ville trouvent leurs maisons trop petites, puisque tous s'occupent des moyens de les élever ou de les agrandir. Auri sacra fames, etc. (Maudite soif de l'or).
Journal de Paris. Nouvelles de Paris.
On va, dit-on, construire très-prochainement sur l'emplacement de l'église des Vieux-Augustins, quai de la Vallée, un marché commode destiné à la vente de la volaille. Par ce moyen, le quai de la Vallée sera débarrassé de toutes ces vilaines baraques qui offusquent les yeux et obstruent un des principaux dégagements du Pont-Neuf.