
Le chirurgien d'Héralde raconte la bataille de Villagarcia de la Torre du 11 août 1810 :
Le chirurgien d'Héralde se trouve auprès du général Girard lors de cette bataille et en raconte le déroulé :
« Le général Brayer, militaire distingué, arrivé depuis peu à la division, d'après ses rapports et vu les forces imposantes de l'ennemi, crut pouvoir faire observer au général Girard que notre position était très critique, qu'il n'était pas prudent d'attaquer un ennemi trois fois plus fort que nous et dans une belle position, que nous n'avions ni réserve ni retraite, ni espoir de recevoir aucun secours, que la cavalerie ennemie, au premier mouvement, s'emparerait de tous nos équipages et de nos munitions.
Le général Girard lui répond :
« Je ne leur en donnerai pas le temps, les soldats que vous avez l'honneur de commander s'inquiètent peu du nombre des Espagnols qu'ils auront à combattre. Si vous ne partagez pas mon avis, vous pouvez vous retirer, Monsieur le général, je vais vous faire donner une compagnie d'escorte. »
Le général Brayer, piqué de cette proposition, lui répond que personne plus que lui ne désire le combat.
« S'il en est ainsi, dit Girard, chargez franchement devant vous avec les 64ème et 88ème. Les quatre compagnies de voltigeurs de votre brigade (…) vont déborder au premier coup l'ennemi sur sa droite.
Le général Chauvel, avec le 34ème va les empêcher de déboucher du bois et moi, avec le 40ème,
j'enfoncerai leur centre et vous rejoindrai à la maison blanche qui est derrière leurs lignes. »
Les dispositions d'attaque furent prises à l'instant. Notre cavalerie légère et trois petites pièces d'obusiers de montagne, qui étaient toute notre artillerie, fermèrent notre centre avec l'ambulance et une compagnie
d'escorte : « C'est une plaisanterie, dira un militaire. – Pas du tout, c'est la vérité ! »

La veille de la bataille de Ligny racontée par Alexandre Dumas :
Le 15 au soir, le prince soupait avec le général Girard, le colonel Cubières et deux ou trois autres généraux de brigade, lorsqu'un aide de camp de Napoléon entra. Il apportait l'ordre à Girard et à sa division de marcher sur Fleurus, afin de faire sa jonction avec l'Empereur.
Le général Girard, qui était un des plus braves soldats de l'armée et qui avait été fort gai jusque-là, pâlit tellement en recevant cet ordre, que le prince se retourna vers lui en lui demandant s'il se trouvait mal :
- Non, Monseigneur, dit le général Girard en portant sa main à son front, mais il vient de me passer là un singulier pressentiment : je serai tué demain.
- Allons donc, dit le prince Jérôme en riant, est-ce que tu deviens fou, mon vieux camarade ?
- Non, Monseigneur ; mais n'avez-vous jamais entendu dire qu'il y ait des hommes qui aient reçu d'avance l'avis de leur mort ?
- Combien as-tu de blessures, Girard ? demanda le prince.
- Vingt-sept ou vingt-huit, Monseigneur, je n'en sais pas bien le compte, je suis troué comme une écumoire.
- Eh bien, quand on a reçu vingt-huit blessures au service de la France, on est immortel. Au revoir Girard.
- Adieu Monseigneur.
- Au revoir.
- Non, non, adieu !
Girard sortit de la chambre. Tous ces hommes de guerre, habitués à voir la mort chaque jour, se regardèrent en souriant ; cependant, quoique aucun d'eux ne crût au prétendu pressentiment de celui qui les quittait, une impression triste pesait sur eux.
Le lendemain soir, à l'heure même où Girard s'était levé de table, on apprit que le premier boulet tiré à Ligny avait été pour ce brave général.

Jean-Baptiste et Perla Girard, un couple franc-maçon
Une fiche de la base Bossu indique que Perla Girard exerçait des fonctions au sein d'une loge maçonnique. Elle était « 2ème grande maîtresse des cérémonies du Souverain Chapitre Métropolitain des Dames Écossaises du Mont Thabor ». Un article de Jean Bossu, conservé à la BNF, nous renseigne sur cette loge, décrite comme « une des plus brillantes loges féminines d'adoption de l'époque du Premier Empire et sous la Restauration ».
Cette loge voit le jour aux côtés de la Loge des Commandeurs du Mont Thabor, créée le 7 juin 1808 ; Perla en fait partie dès sa fondation. La création de cette loge féminine, dite d'adoption, est due à Michel-Ange Mangourit, qui en sera le Grand Maître. Ce dernier et Perla se sont rencontrés lors du siège d'Ancône en 1799, où Mangourit célébra le mariage du couple Girard.

Jean-Baptiste Girard décède le 27 juin 1815 à Paris :
Girard est inhumé à Paris, au Père-Lachaise. La chute de l'Empire ayant entraîné la ruine de sa famille, celle-ci ne peut lui offrir qu'une concession à court terme. À l'issue de cette échéance, sa tombe disparaît. (...)
Sur le site de l'association « les Amis et passionnés du Père-Lachaise », dans la page consacrée à « Ceux de l'Ossuaire », figure le nom de Jean-Baptiste Girard, le jour de son inhumation et ces deux mots, d'une grande sobriété : « fosse commune ».
